Les objectifs de la collecte des déchets médicaux sont triples :

  1. une problématique classique, de protection de l’environnement, visant à éviter que les déchets, quelle que soit leur nature, soient correctement isolés et traités, pour éviter de polluer
  2. une problématique de santé publique, visant à ce que le traitement de ces déchets soit fait de façon à éviter toute propagation d’un agent infectieux
  3. et enfin, une problématique de médecine du travail, pour que tous les agents en contact avec ce qu’on appelle communément les « DASRI », soient protégés, qu’ils produisent ou collectent ces déchets.

L’identification des déchets médicaux qui doivent être traités à part

Tous les déchets produits par un établissement de santé humaine ou vétérinaire ne sont pas des « Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux ».

Sur son site, l’Institut national de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) explique parfaitement ce que sont ces déchets à risque :

  • tout ce qui peut potentiellement déclencher une infection, dont, en particulier, tous les matériels souillés lors des soins aux malades, opérations, etc. qui ne peuvent pas être stérilisés
  • tous les matériels coupants ou piquants à usage unique ou qui ne seront plus utilisés, même s’ils sont « propres » (le caractère coupant / piquant est dangereux à lui tout seul)
  • les produits sanguins (y compris les plasma) qui ont été entamés ou qui sont arrivés à date de péremption

Par contre, des médicaments, des matériels non coupants propres, de sont pas des Dasri. Vu le coût de la collecte des déchets médicaux, il est important pour l’établissement d’éviter d’envoyer ces derniers dans le circuit sécurisé réservé aux DASRI. La collecte de médicaments non périmés suivant, quant à elle, un circuit spécial, qui rejoint les médicaments collectés en pharmacie par Cyclamed.

La chaîne de traitement des déchets médicaux

Le tri en amont

Elle commence par un tri sélectif chez le professionnel de santé. Celui-ci doit mettre à disposition de son personnel des unités de stockage des DASRI qui permettent de ne plus avoir à toucher directement le déchet lors de toute manipulation de transport ultérieure, mais uniquement le contenant où le déchet à été mis au rebut.

Ces contenants, souvent appelés conteneur DASRI, sont prévus pour éviter toute blessure. Les déchets « mous » (pansements, etc) sont stockés dans des boites en cartons, les déchets « piquants » sont stockés dans des boites en polypropylène qui ne peuvent pas être percées accidentellement.

La durée de stockage et le transport

La durée de stockage autorisée dépend du volume de déchet. Elle est comprise entre 72 heures pour les établissement qui produisent plus 100 kilos par semaine et trois mois pour ceux qui produisent moins de cinq kilos par mois. Cette limitation a pour objectif de limiter le volume transporté à chaque fois, et donc les risques en cas d’accident de transport.

Le fourgon doit être spécialement aménagé, avec un espace séparé à l’arrière pour le matériel propre, et une séparation complète entre l’espace de stockage et la cabine. Les transporteurs font l’objet d’un agrément, sous la forme d’un récépissé de déclaration. Les véhicules sont régulièrement désinfectés.

La destruction

La destruction la plus commune est l’incinération. Cependant, en raison de la nature dangereuse des déchets, elle est soumise à des contraintes particulières, et toutes les usines d’incinérations d’ordures ménagères ne peuvent pas les traiter.

Il existe donc une possibilité de désinfection préalable (thermique) qui va permettre, ensuite, de traiter le déchet dans le circuit normal, par incinération ou en l’enfouissant dans le sol.

La technique de désinfection préalable est plus couteuse, puisqu’elle rajoute un traitement supplémentaire.

Et pour les particuliers ?

Les DASRI sont les déchets générés en milieu médical. Quant un particulier génère ce type de déchets (cas des seringues lors d »auto-traitement), les mêmes contraintes s’imposent. La filière cyclamed n’accepte pas les seringues.

Le patient recevra de son pharmacien une boite sécurisée pour mettre ses aiguilles, qu’il déposera ensuite dans un point de collecte DASTRI (du nom de l’organisme chargé de cette collecte).

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