On en compte une variété considérable et ils participent au développement massif des magasins dédiés au bien-être, tout comme à celui du rayon « paramédical » des pharmacies et grandes surfaces. Si les compléments alimentaires font les beaux jours de ces enseignes, c’est tout simplement parce que leurs ventes ont augmenté de 20% en 3 ans dans un marché qui représente aujourd’hui la bagatelle d’1,2 milliard d’euros.

Les Français sont de plus en plus nombreux à s’essayer aux petites pilules « miracles ». Que ce soit pour perdre du poids, augmenter leurs performances sportives, faire une cure de vitamines ou combattre le vieillissement, ils trouvent sans mal, parmi les 600 nouveaux produits disponibles chaque mois, celui qui saura régler leurs problèmes.

Des bienfaits controversés?

L’engouement de nos compatriotes pour les compléments alimentaires a en tout cas de quoi intéresser les professionnels de santé et parfois même les inquiéter. Récemment, la société de recherche indépendante Isoclin, basée à Poitiers et spécialisée en développement clinique et en suivi de sécurité des produits de santé, a tiré la sonnette d’alarme sur l’absence de veille de sécurité alimentaire post-commercialisation de ces produits. Des produits qui, selon cette société, ne sont pas sans danger pour la santé.

Précision: On ne parle pas ici des compléments alimentaires ou/et brûleurs de graisse naturels réputés et longuement étudiés comme le Phen375 ou le PhenQ. Le dangers vient plutôt des produits dérivés et annexes qui arrivent chaque jour un peu plus nombreux sur le marché des compléments alimentaire, notamment pour maigrir.

Ainsi, pour prendre le Raspberry Ketone en exemple (cétone de framboise en français), on retrouve certains produits dont l’efficacité et la sécurité ont été avérés à condition de respecter les doses, c’est par exemple le cas du Raspberry Ketone max de chez Bauer. À contrario, d’autres produits avec la même appellation sont considérés aujourd’hui comme étant dangereux pour la santé. Comment faire pour éviter les risques? En s’informant via des sources fiables!  

Isoclin indique d’ailleurs que la sécurité du consommateur est totalement ignorée par les industriels une fois le produit vendu et ses conclusions sont sans appel : « Les risques potentiels sont passés sous silence par les acteurs concernés, qui préfèrent communiquer sur la qualité des produits en excluant toute évaluation des risques liés à la consommation des produits » selon le Dr Hubert Taupe.

Produits alimentaires ou produits de santé ?

Encore faut-il savoir de quel type de santé l’on parle. Quand on ne fume pas, quand on boit avec modération, quand on mange bio en évitant les excès et en prenant soin d’équilibrer ses repas, on protège sans nul doute son capital santé mais pour autant, on ne peut pas dire que l’on se soigne. Hygiène alimentaire et traitement médicamenteux, s’ils peuvent s’associer, sont néanmoins deux choses bien distinctes.

Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments et n’ont pas vocation à guérir une pathologie. Leur présentation peut paraître assez similaire à première vue ; on peut trouver certains d’entre eux en pharmacie, mais ils sont régis par des réglementations très différentes. De même, leurs mécanismes d’action ne peuvent être confondus, tout comme leurs objectifs sur la santé.

Comme leur nom l’indique, ils viennent en complément d’un traitement ou s’utilisent plus généralement dans le cadre de certaines carences, notamment en vitamines, ou encore dans certains régimes diététiques. Ils appartiennent alors aux domaines de la forme, du bien-être et de la diététique mais pas directement à celui de la santé.

Malgré cela, plusieurs marques communiquent habilement sur le rôle véritable de leurs produits au travers de slogans parfois ambigus. Ces spécialistes du marketing évoquent alors des principes actifs laissant planer le doute sur un quelconque effet curatif. Plus encore, ils annoncent des études en laboratoires et même des résultats cliniques prouvés. On pourra d’ailleurs citer par exemple ces grandes sociétés du secteur de l’agroalimentaire, qui vantent les vertus anti cholestérol des leurs huiles, margarines et yaourts. Si bien qu’on en viendrait presque à demander leur remboursement par la Sécurité Sociale !

Une législation particulière

Depuis 2010, un cadre législatif existe dans notre pays et c’est à l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) de veiller au fonctionnement d’un dispositif national de nutrivigilance pour tous les compléments alimentaires. Cette structure doit s’assurer de l’absence d’effets indésirables tout au long de la commercialisation d’un produit et d’évaluer la mise en place de mesures correctrices ou d’interdiction dans le cas contraire.

Un autre organisme, l’EFSA (Autorité européenne de sécurité des aliments) évalue tous les dossiers de demandes de mise sur le marché des compléments alimentaires. Elle étudie leurs allégations ou revendications en termes de santé et se prononce sur la caractérisation du produit ou de l’ingrédient, sur l’intérêt du bénéfice santé revendiqué et sur l’existence d’un lien de cause à effet entre la consommation de l’aliment et le bénéfice santé revendiqué. Il est à noter que contrairement aux médicaments, les tests préalables réalisés pour les compléments alimentaires sont effectués sur des personnes non atteintes de pathologies médicales.

Produit miracle ou arnaque ?

Dans leur grande majorité, les compléments alimentaires peuvent être considérés comme utiles sans pour autant être miraculeux, et les sociétés qui les produisent ainsi que les pouvoirs publics agissent de concert pour éviter qu’ils n’apportent plus de mal que de bien. Quant à leurs bienfaits, ils sont reconnus par les professionnels de santé en tant qu’accompagnement possible à un traitement et sont des acteurs participatifs à une bonne hygiène alimentaire. En bref, les pilules pour maigrir sans le régime et l’activité physique qui vont avec, n’auront aucun effet et celles qui concernent votre santé, non associées à un véritable traitement ne resteront qu’un placebo.

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